A l’écoute des fenêtres

« Les fenêtres qui parlent, ça ne m’intéresse pas »

Sylvain Marcelli a ouvert son micro aux habitants qui font parler leurs fenêtres. Les paroles sont captivantes. Tendez l’oreille, on apprend beaucoup de cette pratique. Ecouter

 

La fenêtre, une expression du quotidien
Entre repli et ouverture, entre maîtrise et sujétion, l’homme habite son logement, crée son lien à la ville. L’appropriation de l’espace de la fenêtre, ornement pour certains, art kitsch pour d’autres, est un révélateur de ces dualités et de la nécessité d’espaces de transition.

La façade est lisse. La fenêtre est fine, le mur épais. Un espace clandestin se libère, espace offert par le maçon à l’habitant. La tablette de fenêtre est généreuse, elle reçoit les premières lumières. Elle est cet espace privilégié que le chat affectionne.

La fenêtre peut s’ouvrir. La fenêtre ne s’ouvre pas, elle donne sur la rue. Les volets sont fermés chaque soir. Poussés depuis la rue, ils sont verrouillés à l’aide d’un crochet manipulé de l’intérieur. La fenêtre ne s’ouvre jamais.

Les maisons sont identiques : même forme, même plan intérieur. Elles sont le fruit de visions rationnelles et économiques de l’espace. La maison est habitée, imprégnée de vie. Elle devient le « chez-soi ».

Les maisons sont mitoyennes, en front-à-rue. La ville s’impose. Le jardin, représentation de la nature, est banni. Fleurs et plantes vertes se réfugient dans la fenêtre. L’habitant a le dernier mot.

La fenêtre est un écrin, elle accueille les richesses que l’habitant livre à la ville, elle est un lieu de représentation et d’identité. La fenêtre est un écran, un voile pudique. Elle ne révèle pas la vie intime de l’habitant.

Pour en savoir plus…

En 2007

« Ma fenêtre vous parle ? »
Expressions spontanées des habitants dans leurs fenêtres.

Samedi 31 mars 2007, convergence de différents projets autour de la fenêtre :

« Je fabrique ma fenêtre qui parle » Des enfants ont observé les fenêtres roubaisiennes pour réaliser ensuite leur propre fenêtre avec l’artiste Agnès Hardy (travaux réalisés dans le cadre des ateliers « vivre les villes »). Observez leurs fenêtres, regardez les détails, glissez un oeil à l’intérieur. Vous ne pouvez pas tout voir, l’espace intime est protégé. Vous pouvez tout imaginer…

« Génération spontanée de fenêtres » Insite, avec les dessins et classements de Pierre Desjonquères, vous propose de créer votre fenêtre sur ordinateur. Nouvelles fenêtres, nouveaux volets, nouveaux encadrements, les choix sont restreints. Et pourtant, par combinaisons, une soixantaine de fenêtres se proposent à vous. Rénovez et personnalisez votre fenêtre. Puis imprimez et affichez votre fenêtre. Jouer

« Les fenêtres qui parlent, ça ne m’intéresse pas » Sylvain Marcelli a ouvert son micro aux habitants qui font parler leurs fenêtres. Les paroles sont captivantes. Tendez l’oreille, on apprend beaucoup de cet art du quotidien. Ecouter

« L’inventaire subjectif » Des diapositives faites par Jean-Baptiste Bénazet en 2003 ressortent de leurs cartons. Installez-vous et entrez dans la danse des images.

« A l’écoute des fenêtres » Dans un petit livret, Pierre Desjonquères a consigné ses découvertes et réflexions sur le pourquoi et le comment des choses. Lisez des passages, gardez le reste pour chez vous. Lire

« Chants pour les fenêtres » Claire Danjou et Nicolas Daquin ont porposé un répretoire de chansons sur la ville, la rue, la fenêtre. Nicolas Daquin a offert pour l’occasion sa nouvelle chanson dédiée aux fenêtres roubaisiennes.

La visite se poursuit dans la rue, au hasard des fenêtres, aujourd’hui, demain ou un autre jour. Laissez vous guider par ces poèmes urbains.

La visite se poursuit aussi à la Galerie L’Impoli où vous pouvez voir les travaux de l’association « OEIL ». 64 bd de Strasbourg, les mercredis, samedis et dimanches de 14 à 18h, et ce jusqu’au 15 avril.

Partenaires :

  • Roubaix, Ville d’Art et d’Histoire
  • Fonds de Participation des Habitants de Roubaix
  • Insite (insite.coop)