HISTORIQUE

La société « Cavrois-Mahieu & fils » est créée en 1887 par deux fils de la bourgeoisie roubaisienne : Jean et Auguste Cavrois.
Autour de l’imposante usine, c’est, à cette époque, tout un quartier qui se construit puis se développe. D’abord filature de laines peignées, il y sera rapidement adjoint un atelier de retordage, puis un tissage mécanique (1892), et enfin une teinture sur peignées (1899). Plus tard, une autre filature de laines à tricoter est créée, dont l’enseigne est un petit chien nommé « CAMAFI ».

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Article extrait du « Monde illustré »de 1923

 Au plus fort de son activité (années 1950/60), elle compte 1200 salariés, qui animent le quartier aux heures d’entrées et sorties : par la rue Volta pour les ouvriers, par la rue Montgolfier pour les employés et les patrons. Après avoir été une entreprise de pointe ( avec notamment le lancement, en1968 et 1975, de fibres synthétiques pour la bonneterie ), elle arrête définitivement son activité en 2000.

Le site a été entièrement requalifié par la « sem ville renouvelée » en « hôtel d’entreprises », regroupant des activités diverses. Il conserve néanmoins de multiples éléments patrimoniaux remarquables : les deux cheminées voisines, la chaufferie, des ateliers, les bureaux, qui en font un fleuron de la mémoire collective roubaisienne.

Dans la ville voisine de Croix, se trouve la fameuse « villa Cavrois », construite en 1932 par l’architecte Robert Mallet-Stevens, et qui, comme son nom l’indique, appartenait à cette même famille. (résumé par O.M. à partir d’éléments recueillis par Laurence Mourette).

PRÉSENTATION DES BÂTIMENTS

Par commodité, on désigne par ce terme générique de « La Forge« , un ensemble de locaux situés dans l’usine Cavrois-Mahieu, et comportant :

  • l’ancienne chaufferie de l’usine
  • les ateliers d’électricité et de plomberie qui lui sont attenants
  • l’ancienne forge (qui était devenue atelier de mécanique)
  • le « magasin » et son étage
  • un couloir parallèle à la rue Jouffroy, puis longeant les autres pièces, en passant dans la cheminée de l’usine

Menacée de démolition, cette parcelle, en dépit de son architecture composite traduisant les remaniements qu’elle a subi, présente un intérêt patrimonial évident :

  • la chaufferie alimentait la totalité de l’usine Cavrois-Mahieu. En tant que telle, c’est l’une des dernières existant encore. Par son gigantisme, elle donne une idée de la démesure du site industriel
  • l’ensemble des ateliers, le magasin, présentent un cachet et des aménagements qui permettent d’imaginer l’organisation et le déroulement du travail, et de se replonger dans l’atmosphère des usines textiles roubaisiennes
  • de la terrasse, au dessus de l’atelier de mécanique, on peut profiter d’une vue exceptionnelle sur le reste de l’usine : sheds à perte de vue, impressionnant surplomb par deux cheminées monumentales, restaurées et éclairées
  • le couloir permet de passer à l’intérieur de la cheminée, et d’en apprécier caractère et dimensions

L’atelier de mécanique était, à l’origine, la forge de l’usine lorsque celle-ci a été construite au XIXème siècle. Mais elle en avait perdu les attributs. Grâce aux équipements et outils apportés par Alain Lauras, tous anciens et provenant d’autres sites industriels, l’atelier redevient Forge, et conserve sa vocation de lieu de travail et de production manuels.